oPetite présentationo

oPetite présentationo


Bonjour, bonjour!

Je me présente moi c'est Lill'y 19 ans, fan de fictions yaoi (je ne lis que ça). Mais à force d'en lire ça donne envie d'en écrire, alors même si mon autre fiction est hétéro je me lance dans cette nouvelle avanture qu'est le yaoi ^^

Bon petit point important pour la suite. Je m'inspire du groupe Tokio Hotel pour écrire si si vous avez bien lu donc celles et ceux que ça dérange hop on clique sur la petite croix en haut surtout on ne se gène pas. Bien ça c'est fait! Maintenant comme je l'ai dit plus haut cette fiction sera yaoi, donc basée sur une relation amoureuse entre deux hommes, ici deux garçons des Tokio Hotel donc même combat, celles et ceux que ça dérange on s'en va !


Voilà sinon que dire à par que j'espère que cette histoire vous plaira parce que j'y tiens un minimum et pis que vous laisserez des commentaires constructifs pour que je puisse progresser, bah oui c'est le but de publier je crois >_< ok je sors.
Ah oui soyez indulgentes quand même, c'est mon premier essais *smile*

Bonne visite et bienvenu dans mon petit monde à moi.

Lill'y


EDIT DU 04/05 : JE VIENS DE VOIR QUE L'UN DE MES BLOG FAVORIS "DIS-PAPA-APPREND-MOI" AVAIT ETE SUPPRIME!!!!!!
O_O J'SUIS DEGOUTEE,,,


EDIT DU 07/05: Alors on m'a posé la question et pour être prévenue de la suite il suffit de laisser un commentaire sur le dernier chapitre posté voilà qui est fait.
Sinon soulagée car la fiction supprimée a été entièrement repostée par l'auteur (et oui moi ça me rend heureuse)
Par contre je ne comprends pas qu'on puisse dénoncer un blog de yaoi pour des raisons de je ne sais quoi... Ce n'ai pas le premier blog qui traite de ce genre de sujet, comme son genre l'indique c'est une FICTION et donc rien n'est réel, donc pas d'atteinte à la personne ou les personnes impliquée dans l'histoire puisqu'à part les prénoms et le physique ils n'ont rien de commun avec la personne réelle... Bref la connerie des gens me surprendra toujours...

Et enfin je tiens à préciser en prévention que je ne suis pas une groupie étant donné que je n'ai pas écouté une chanson de Tokio Hotel depuis presque un an et SURTOUT que je ne regarde jamais les infos sur eux... Leurs vie ne m'intéresse pas, leur musique oui enfin quand il y aura du nouveau oui! Ca aussi c'est dit et qu'on ne me traite pas d'anti, de ci ou de ça. J'assume parfaitement le fait d'avoir été fan et de l^'être encore un peu tout comme celui de ne plus écouter.

# Posté le dimanche 03 mai 2009 13:27

Modifié le jeudi 07 mai 2009 16:53

oPrologueo

oPrologueo


Croyez-vous au paranormal ? Moi non je n'y ai jamais cru. Je suis bien trop terre à terre pour ça, enfin je crois. Il m'est arrivé comme à beaucoup de gens de faire des rêves plus ou moins précis relatant des faits qui allaient se dérouler ou qui avaient déjà eu lieu, mais cela n'a pas d'influence sur ma vie.

En apparences je suis quelqu'un sans problème, plutôt d'un caractère enjoué, toujours prêt à faire une bêtise ou à venir en aide aux autres. Oui quelqu'un de normal en fait. Une petite vie bien rangée, peu d'ennuis, peu d'amis, un avenir tout tracé.

Pourtant bien des choses ont changé depuis le jour de l'accident comme ils se bornent tous à l'appeler... Mais ce fait présente-t-il un quelconque intérêt pour les gens de mon entourage ? Que peuvent-ils s'imaginer de la réalité d'une chose qu'ils n'ont pu « comprendre » qu'au travers d'un article du petit journal local ? Ou encore de ce que je peux ressentir ?

Du sourire sincère et du trompeur qui fait la différence aujourd'hui ?

Parfois j'ai mal au c½ur. Mais chut ! Ne dis rien...L'instant est solennel : toucher la plénitude encore une fois avant l'orage. Tais-toi ! Ne parle pas ! Ou alors cries-moi que tout ira bien, que je peux avancer malgré tout. Dis-moi que tout ira bien... Fermes les yeux et racontes-moi, racontes-nous... Dis moi ce qu'est la vie et ce qu'il faut faire. Apprends-moi mes erreurs, juste le son de ta voix sans image.

Croyez-vous au paranormal ? Moi je ne pensais jamais devoir y croire. Et un jour tout à changé, parce qu'il ne voulait pas partir comme il aime parfois le murmurer.




Lill'y

# Posté le dimanche 03 mai 2009 13:32

Modifié le mercredi 05 août 2009 05:40

oChapitre 1o

oChapitre 1o


L'explosion me propulsa à quelques mètres de la voiture. Je l'entends hurler alors que la voiture n'est plus qu'un brasier.

- NON !!!!


Je me réveillais en sursaut comme à chaque fois que je faisais ce rêve. Je portais mes mains tremblantes à mon visage pour effacer les traces du cauchemar au moment où la porte s'ouvrit sur Gustav. Depuis quelque temps c'était devenu une habitude. Il accourait dès qu'il m'entendait hurler. Il prenait place à mes côtés et me berçait jusqu'à ce qu'on s'endorme tous les deux, ses deux bras pour me protéger du reste du monde.

- Calme-toi... Chut... Ca va passer, ne t'inquiète pas, me disait-il d'une voix apaisante.
- Je l'entends hurler.. Je te jure que c'est vrai !
- Tom... Tu sais très bien que c'est toi qui as hurlé, Zack était là et il t'a entendu. Tu criais son prénom.
- C'est pas vrai... Il... Il était encore vivant quand j'ai sorti Zack de la voiture, je... Je sais plus...
- Calme-toi, il faut dormir maintenant.
- Tu restes hein ?
- Mais bien sur que je reste, allez pousse toi que je puisse m'allonger près de toi.
- Merci Gus...
- De rien Tom, de rien...

Je savais pertinemment que Gustav ne c'était jamais vraiment remit de cet accident. Mais quand c'est moi qui flanchais, il mettait sa douleur de côté pour tenter de soulager la mienne. Il était devenu tellement plus qu'un ami depuis un an et demi. J'avais sortit son petit cousin de la voiture mais n'avait pas eu le temps de retourner le chercher lui et de savoir ça m'étais insupportable.
Je finis néanmoins par m'endormir, dans les bras protecteurs de Gustav. Demain se serait à moi de l'aider à faire face. Faire en sorte que malgré la douleur et l'absence on avance ensemble comme nous nous l'étions promis à l'époque.

[...]

Il est là assis devant un vieil album photo, tournant les pages délicatement pour ne pas décoller les plus anciennes. On dirait que sa vie défile devant ses yeux, et quelque part ça n'est malheureusement pas totalement faux.
Je le regarde faire, appuyé contre le chambranle de la porte, me souvenant moi aussi de loin. Tout a tellement changé depuis... Gustav autrefois si joyeux, si vivant est devenu quelqu'un de plus mature, de plus dur que plus rien ou presque ne peut atteindre. De ce passé douloureux il ne reste que moi. Et en journée... C'est parfois lui qui flanche comme à l'instant en ressassant tous ces souvenirs si merveilleux soient-ils.

- Gus arrêtes, tu te fais du mal.
- J'y arrive pas ! Ca va faire quoi ? Un an, un peu plus d'ailleurs mais j'peux pas ! J'ai l'impression qu'il va passer la porte avec son éternel sourire sifflotant un air que lui seul connaît et me regarder..
- Allez viens Gus ! On va bouger un peu, tes parents m'ont demandé, lui dis-je avec un petit sourire, Allez viens frangin.
- Ca ne te fait rien ?, me demande-t-il
- De quoi parles-tu ?
- De m'appeler « frangin » ? Je... Enfin tu...
- Je t'ai toujours appelé comme ça, ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer même après « ça » d'accord ?

Il acquiesça. Il était surprenant que je paraisse vivre mieux que lui cette situation, mais nous étions tous les deux concernés, fortement impliqués par des sentiments puissants.
J'attrapais la main de mon ami, enlaçais nos doigts puis l'entrainais aux travers des rues, lui redonnant le sourire le temps de l'après midi. Nous avions pris cette habitude, de sortir, de se prendre par la main. C'était notre manière de nous rassurer, de montrer à l'autre que nous étions là, encore là.

[...]

Nous étions assis dans notre petit coin du parc du centre ville. Pas un endroit retiré, non. Juste un petit morceau d'herbe où nous avions élu domicile un jour par hasard, tous les quatre. Aujourd'hui rien n'avait changé ou presque. Nous n'étions plus que deux.

Dans quelques jours nous fêterions mes 16 ans. La veille je devais aller voir ma mère au centre, pour passer un peu de temps avec elle si tout se passait bien.
Depuis l'accident je vivais chez les Schäffer par accord d'un juge et demande de ma mère. C'était les parents de Gustav. Ils m'avaient toujours considéré comme faisant partie de la famille avant, pour eux aussi cela semblait logique.
C'était toujours Gustav qui m'accompagnait. Ne rencontrant jamais ma mère, mais sachant toujours où me récupérer s'il me voyait partir en courant au bout de quelques minutes seulement en tête à tête avec ma maman. Ce n'était pas de sa faute la pauvre. Elle avait du mal à faire la part des choses. Et parfois c'était dur à supporter pour moi et mes petites épaules.

J'espérais que cette fois cela se passerai bien et interrogeais Gustav sur mes éventuels cadeaux d'anniversaire. Je voulais avoir une petite idée car l'année dernière ils m'avaient offert de nombreuses choses, mais surtout la chaine lui ayant appartenue. Gustav avait eu sa gourmette le même jour. C'était symbolique nous étions nés le même jour, pas avec Gus mais avec lui. Ca avait fait rire mes parents à l'époque...

- Dis ? Georg pensait qu'on pourrait sortir en fin de semaine, il voudrait nous montrer son nouveau boulot... Ca te tente ?, me demanda Gustav
- Bah pourquoi pas =) il bosse dans le nouveau club non ? Celui qui a ouvert il y a quelques mois ?
- Oui c'est ça...
- Ca n'a pas l'air de t'emballer.
- Disons que j'suis pas forcément motivé.
- Ou que regarder ces photos t'a fait perdre toute ta bonne humeur et dieu sait que j'en avais bavé pour réussir à te faire sourire >_<
- Pourquoi t'as toujours raison quand il s'agit de comprendre le pourquoi du comment ? C'est vraiment pas drôle je ne peux rien te cacher du coup.
- Parce que tu voudrais m'en cacher des choses Gus ?, demandais-je surpris et légèrement blessé.

C'est vrai, j'ai toujours réussi à le comprendre. Mais c'était facile, on se connaissait depuis si longtemps, on avait grandi ensemble.

- Tu m'en veux ?, dit-il après quelques minutes de silence.
- Je dois ?
- Tom...
- Quoi Tom ? J'y peux rien et tu le sais. Mais on s'était promis de ne rien se cacher après ce qui est arrivé à A.. Après l'accident. Toujours là l'un pour l'autre et pas de secrets ! Tu m'avais promis ! C'est pas de ma faute, j'y suis pour rien dans tout ça.

Il le sait que ce n'est pas de ma faute. Mais c'est plus fort que moi quand je suis blessé, je remets tout sur mes épaules. De plus personne ne pourra me faire croire que je ne suis pas responsable de cette horrible nuit.
J'ai toujours été sensible aux mimiques des gens qui m'entouraient. Le langage est certes un moyen de communication mais les expressions du corps nous disent tout ce que l'individu veut nous cacher. A force d'observer les autres j'ai fini par deviner souvent ce qui pouvait se dissimuler derrière un sourire gêné, forcé ou encore un haussement de sourcil. C'est plutôt facile mais ça ne plait pas à tout le monde...

Nous finîmes par décider de rentrer. La maison n'était pas loin et bouger nous ferait sans doute du bien. La tête dans les nuages je regardais sans vraiment les voir les visages des gens. Vous savez cette masse toujours pressée, en retard ou au téléphone. Puis mon regard se porta sur un banc de la petite place où nous étions. Les vêtements, l'allure, tout de cette personne me disait quelque chose. Un comportement que je connaissais par c½ur mais que je savais impossible à revoir. C'était à la fois si réelle et si improbable de voir ce visage se tourner lentement vers moi et me sourire accompagné d'un petit clin d'½il dont lui seul avait le secret. Mon c½ur s'emballa alors que mon esprit tentait de se convaincre que je rêvais. Il n'y avait de toute façon aucune autre explication logique à ce que je voyais.

- Aaron...
- Qu'est-ce que tu dis ?, me demanda une voix qui me ramena sur terre.

Je posais mes yeux sur Gustav avant de les reporter sur le banc où il n'y avait personne. Bien sur Tom à quoi t'attendais-tu ?

- Rien, je... J'ai cru voir quelqu'un que je connaissais...
- T'es tout blanc on dirait que t'as vu un fantôme !
- Presque...

Le reste du trajet se fit rapidement et je montais m'enfermer dans ma chambre après avoir dit bonsoir aux parents de mon ami.
C'était à la fois surréaliste et pourtant une petite partie de moi souhaitait y croire. Je me mis une claque mentalement. Je suis quelqu'un de réaliste de terre à terre comme on dit. Depuis quand me lassais-je aller à des idées aussi absurdes, aussi... Tout ça ne me ressemblait pas. C'était le propre de certaine personne comme Georg ou Enzo de croire à ce genre de chose mais pas le mien.

Une fois les idées en place je descendis apporter mon aide pour la préparation du repas du soir. Après tout je faisais partie de la famille désormais. Les parents et la s½ur de Gustav étaient des gens formidables et accueillants. Sa s½ur m'aidait beaucoup pour les cours et en échange je lui apprenais la guitare. Ma façon à moi de dire merci, merci pour tout.

- Tu as l'air fatigué Tom, s'exclama d'ailleurs cette dernière.
- Ce n'est rien, j'ai eu du mal à m'endormir, expliquais-je alors que les parents quittaient la cuisine.
- A d'autre, je t'ai entendu cette nuit, je croyais que tu ne faisais plus de cauchemars ?
- Je croyais aussi, mais depuis quelques semaines c'est revenu... Pauvre Gus je dois l'embêter avec ça, j'espère que ça passera vite.
- Oui moi aussi pour vous deux, dit-elle avec un sourire.

[...]

On s'est tous demandé un jour ou l'autre où nous mènerait notre vie, comment on serait dans dix ans, pourquoi une telle orientation, gay, hétéro, les deux... Des questions existentielles qui nous empêche souvent de nous endormir, qui nous poursuivent dans notre sommeil et nous assomment à notre réveil.
Ce soir là comme beaucoup d'autre je n'arrivais pas à m'endormir, cherchant des réponses à des questions qui n'en n'ont pas forcément. Comme pourquoi mon père avait réagit ainsi lorsque mon frère lui avait dit pour son homosexualité, sa relation avec Gustav depuis des années ? Comme pourquoi ce soir là... Et bien d'autres.
Ce n'était un secret pour personne à l'époque qu'ils étaient en couple, tout comme Enzo et moi d'ailleurs. Nous passions la majeur partie de notre temps ensemble. Les parents de Gustav l'ont accepté relativement facilement. De toute façon il était difficile de ne pas voir à quel point le petit blond était heureux. En revanche notre père n'a pas tout à fait accueilli la nouvelle avec joie et champagne... Déjà que mon cas n'était pas vraiment passé, mais je ne reproche rien, ça ne changerait rien aux faits. Maman ne l'a jamais su et ne le saura surement jamais. C'est peut-être mieux ainsi.

Toute ses questions finirent par m'endormir tout en me replongeant dans cette soirée si parfaite au début, si... Bref on ne reviendra pas sur la fin.

- Papa vient nous chercher dans quatre heures on bouge ?, proposa mon frère
- Moi j'te suis, ajouta Gus
- Ca c'était une question purement rhétorique pour toi mon c½ur, et vous deux ?
- Tout dépend de ce que tu nous proposes, dit Enzo
- Oh je vois c'est moi le maître des opérations ?
- On peut dire ça comme ça, riais-je
- Alors suivez-moi, on fête ton retour petit frère


Cette nuit comme tant d'autres je ne dormirai pas par peur de rêver.

[...]


J'éteins le réveil par réflexe avant de me lever. Comme prévu je n'ai pas dormi de la nuit... Je n'ai pas cherché à penser non plus. Un CD de métal dans le lecteur de ma chaine m'a empêché de laisser mon esprit vagabonder au gré de ses envies. Juste la musique il ne devait y avoir que ça. Trouver chaque note de guitare, rechercher celles d'une basse très présente, trouver les premier riffs de la batterie, le tout sans écouter les paroles ou plus exactement le bruit qui en émane.
Je n'aime pas particulièrement ce genre musical, mais autant préciser que j'écoute de tout quand bien même ma préférence est inconditionnellement accordée au rap en tout genre. Et puis quoi de mieux que quelque chose dont les paroles même sont insaisissables, où la mélodie n'est pas trop mal, pour se reposer sans dormir ?

Le couloir est désert comme chaque matin. Les parents de Gustav embauchent une heure après nous quand à sa s½ur elle doit être à la cuisine. Cuisine que je rejoins après une douche rapide.

- Bonjour Tom
- Hallo !
- Bien dormis ? Je ne t'ai pas entendu et Gustav est dans sa chambre.
- Je n'ai pas dormi...
- Tom ! Tu aurais du aller chercher l'un de nous !
- Pour quoi faire ? Je ne peux pas empêcher Gus de dormir 9h d'affilées chaque nuit tout comme je ne vais réveiller personne si je ne dors pas !
- Mais tu es de la famille Tom ! On est là pour toi nous !
- ...
- 'fin c'est pas comme ça que j'aurais du le dire, mais tu as compris l'idée non ?
- T'inquiète, je sais que je suis de la famille depuis le temps que je squatte.

Je me levais et débarrassais mon petit déjeuner avant de monter m'habiller et faire mon sac. Gustav avec son année de plus n'avait pas les mêmes horaires le matin et c'est seul que je rejoignais notre lycée.
Adossée à notre place habituelle, Eden m'attendait cigarette à la main.

- Salut beauté !
- Tomi ! T'es en retard ce matin...
- La s½ur de Gus... pas ma faute, expliquais-je tout en finissant de rouler ma cigarette du matin ce qui la fit rire.

Eden c'est un peu comme Gus sauf que je la connais depuis un an et demi seulement. Mais comment dire, cette fille c'est ma bouffée d'oxygène, un paradoxe quand on sait qu'elle parle peu voire même très peu, mais ses iris noires délivrent à qui veut bien le lire la moitié de sa vie.
Nous nous sommes rencontrés dans un hôpital. Là aussi coïncidence ou pas, elle venait pour rendre visite à un proche. Je l'ai trouvé à l'endroit où je me cache habituellement lorsque ça dégénère avec ma maman. Je me souviendrais toujours...

- Eh ! Mais c'est mon endroit !, dit un petit garçon les larmes aux yeux.

Mais c'est un garçon et un garçon ça ne pleure pas, encore moins devant une fille. Elle a l'air triste elle aussi.

- Pourquoi tu parles pas ? Pourquoi tu cris pas que j'ai tort et que c'est le tien alors que tu en meurs d'envie ?, répéta le petit blond.
- Parce que je peux pas...

Et la petite fille se mit à pleurer fort, de gros sanglots entrecoupés par des « c'est pas juste », « pourquoi maintenant »...

- Comment tu t'appelles ?, demanda le garçon
- Eden... Et toi ?
- Tom
- Tom ? Pourquoi mon frère ne me reconnaît pas quand je vais le voir ? Pourquoi il dit qu'il ne me connaît pas ? Depuis qu'il est sortit du coma il est bizarre..
- Tu sais j'ai pas de réponses à tes questions. Je ne sais pas non plus pourquoi ma mère se met à hurler parfois quand elle me voit, comme si elle voyait un fantôme, je ne comprends pas plus que toi tout ça. C'est pas juste la vie, elle te prend toujours ceux qu'on aime. Mais pour ton frère ils ont dit quoi les médecins ?
- Qu'il était amnésique rétrograde.
- Alors c'est pas grave, répondit le blond en lui souriant.

Il avait serré fort Eden contre lui, passant ses doigts dans ses longs cheveux châtains. Et un jour il lui a expliqué pourquoi ça n'était pas grave.


Oui je m'en souviendrais toujours. Ses grands yeux soulagés lorsque je lui avais expliqué que son frère ne pouvait pas se souvenirs des évènements les plus récents précédents son coma et que parfois en fonction de la zone du cerveau touchée, les personnes dont il était le plus proche, à qui il tenait le plus pouvaient lui être inconnues quelque temps, le temps que tout lui revienne dans le bon ordre, sans le forcer. Je me souviens de son magnifique sourire aussi.
Eden c'est un peu comme une s½ur mais en dix fois mieux. Eden, seul le prénom suffit à la définir pour ceux qui la connaissent comme moi je la connais.

Le regard dans le vague, Eden dans les bras le temps de notre pause cigarette dos contre mon torse, je scannais le visage des gens que je voyais.
Cette expression, cette démarche...lui

- Aaron...





Lill'y

# Posté le dimanche 03 mai 2009 15:06

Modifié le mercredi 05 août 2009 05:41

oChapitre 2o

oChapitre 2o


Le temps c'est arrêté, du moins il me semble. Suis-je fou de laisser mon esprit croire en ce que je vois ? Impossible... Irréel... Je ne peux et surtout ne dois pas croire. Mon cerveau me joue un tour des moins drôles, à moins que ce e soit la proximité de mon anniversaire qui fait que... Non ! Soyons sérieux je ne me faisais pas de films l'année dernière.

- Tomi ? Qu'est-ce qui se passe ?

Mais je reste fixé sur ce visage qui me manque tant. Comme si j'avais le droit une dernière fois d'observer ces courbes qui lui sont propres, son élégance, le bleu de ses yeux. J'ai tellement envie d'y croire, d'avoir l'ouverture d'esprit suffisante pour accepter ce que je pense avoir sous les yeux. Mais rien n'y fait.

- Tomi !

Je reprends ma respiration comme si je l'avais laissée en suspend et réintègre une réalité aux couleurs plus douces. Eden semble inquiète. Je dois avoir la tête de celui qui a vu un mort. Ironie de l'expression.

- Tom ?
- Je... Excuse-moi, je suis un peu soucieux ces dernier temps, lui répondis-je avec un sourire qui se veut rassurant.
- Tu ne veux pas en parler je suppose ?
- Pas pour l'instant, tu me prendrais pour un fou et ne ferais faire enfermer.
- Ou pas, sourit-elle, j'ai l'esprit moins rigide que toi tu sais !

Oui je sais. Après tout elle croit en un Dieu qui veillerait sur nous, mais alors pourquoi nous arrache-t-il toujours ceux qu'on aime ? Pour notre bien ? Je ne comprends pas en quoi cela peut être un bien... Elle croit également en un monde parallèle comme elle aime le dire. Un monde dans lequel vivent les âmes de ceux qui nous ont quittés. Selon elle une âme tourmentée ne peut pas trouver le chemin et reste parmi nous.
C'est une façon de voir les choses qui ne me convient pas. Cela donnerait, me donnerait des espoirs auxquels je n'ai pas besoin de croire. Non pas besoin. Quitte à tomber autant que cela ne soit pas de trop haut. En tout cas pour moi.

C'est sur ces interrogations sur les croyances de mon amie que je me dirigeais à ses côtés dans la cour, embrassant ses lèvres avant de la laisser devant sa salle. Une habitude comme une autre qui a choqué au début. Mais qu'importe. Eden et moi c'est une relation fusionnelle, une relation d'amitié très forte, mais qui pourtant n'est que de l'amitié. Si certaines personnes sont attirées par les deux sexes, pour ma part je ne me vois pas autrement qu'avec un homme.

Ce matin je commence par un cours de musique en spécialité. Ca peut surprendre, mais on avait la possibilité de renforcer une matière dite artistique dans ma section alors j'ai choisi la musique. Depuis tout petit je suis passionné de musique et si, comme je l'avais dit, le métal n'est pas au premier rang dans mes favoris attendez de l'entendre jouée au violon celle. Et oui je joue du violon celle et de la guitare mais c'est plus récent. Aujourd'hui notre professeur veut voir notre « talent » pour le citer, ce qui implique que l'on passe un par un devant lui, jouant un morceau de notre choix. Pour ma part le morceau était tout trouvé. Il faut dire que parmi les reprises d'Apocaliptica se trouvent de vrai joyeux. Car oui pour moi la musique est un bijou.

Apocaliptica. Un nom un peu barbare pour ces violons cellistes finlandais sortant de prestigieuses écoles de musique. Les reprise les plus connues sont souvent celles de Metallica mais leur compositions sont juste de vrais merveilles.
Alors pour ce cours j'ai choisi de jouer In Memoriam. C'est un morceau doux, prenant au début puis plus violent en un sens. Pour moi un pur moment d'évasion même si le jouer seul est difficile compte tenu qu'ils sont quatre sur scène pour jouer.

J'espère que mon prof sera content de moi. Ce n'est pas la seule matière dans laquelle je suis bon mais c'est la seule qui me permet de ressentir autant de chose en peu de temps.

[...]

La matinée était passée relativement vite. Les cours n'avaient pour ainsi dire rien de bien intéressant pour des cours de première. Mais comme on me l'a inlassablement répété il faut en passer par là pour réussir. Enfin ça c'est ce que disent tous les adultes.

Un petit sourire naquit sur mes lèvres en voyant Eden m'attendre devant ma salle de cours roulant une deuxième cigarette pour faire passer le temps. Le midi nous disposions d'assez de temps pour manger à l'extérieur, n'aimant pas la foule du self, ni le bruit y régnant. Un petit bisou et nous étions partis, conversant peu, riant beaucoup.

Installé tranquillement dans le parc nous mangions dans le calme notre repas. La fin du mois d'aout était agréable pour ses températures plus raisonnables qu'en plein été mais toujours douces. Ne reprenant que vers 14h pour une seule heure de cours Eden s'était allongée au soleil profitant des rayons bienfaisants.

- Tomi ?
- Hmm ?, répondis-je la bouche pleine
- J'peux rester chez toi ce soir ?
- Bah faut que je demande aux parents de Gustav, mais ça ne devrait pas poser de problèmes je pense pourquoi ?
- Pas envie de rentrer chez moi et puis...
- Et puis ???
- On pourrait finir le duo de l'autre jour aussi
- Tu as juste envie de jouer du violon celle ou d'échapper à ta nouvelle belle-mère ?
- Mais elle est horrible ! Elle se prend pour ma mère ! Et même si ce n'était pas vraiment le cas ma mère c'était celle d'avant... C'est puéril hein ?
- C'est encore de notre âge, lui assurais-je en riant
- Ca ne dérangera pas Gus ?, demanda-t-elle soudain
- Ca lui évitera de se renfermer pour ce soir.
- Je devrais venir plus souvent, affirma-t-elle avec un grand sourire

La discussion s'arrêta là et un nouveau silence pris place parmi nous. Du moins jusqu'à ce que mon portable sonne.

- Allô ?
- Tom Tom Tom ! Dis-moi que t'es libre ce soir !!!!!!
- Oui je vais bien merci Joy et toi ?, m'exclamais-je
- Oups oui pardon mais euh là je suis un peu en stress tu vois...

- Allez explique tout à tonton Tom
- Tu te moques de moi là ? Non ?
- J'oserais pas ! C'est quoi ton soucis ?
- Mon guitariste est malade et on devait répéter ce soir pour être au point pour samedi au club et tupourraisvenirpourleremplacers'ilteplait ??
- Alors déjà tu parles doucement et tu articules on voit après, riais en imaginant sa tête
- Tu pourrais le remplacer te plait ???? Te plait ! Te plait ! Te plait !!!!! J'ai vraiment besoin de toi là !
- Ok calme toi c'est bon je viens, mais par contre je ne serais pas tout seul quoi...
- Gus et Eden ?
- Oui surement Eden, pour Gus ça dépend de l'heure à laquelle il finit.
- Pour moi ça ne pose aucun problème, et puis comme ça je pourrais voir ma petite chérie.
- Non c'est ma chérie à moi !
- Notre chérie à nous ?, tenta-t-elle
- Adjugé vendu, déclarais-je

- Tom je ne suis pas un objet ! Et passe le bonjour à ma chérie s'il te plait !

- T'as entendu je suppose ?
- Tu supposes bien pour un garçon
- J'suis vexé... Finalement pour ce soir...
- Tomiiiiiiiii
- Pourquoi cette petite voix avec je suis sur les petits yeux de chien battu auxquels il est impossible de résister ? J'peux même pas me défendre !
- Bah on est pas cousine pour rien avec Eden. Elle a du te dresser, ajouta-t-elle joyeuse
- Bon à ce soir ! Comme d'hab ?
- Tout à fait mon cher !
- Bisous
- Bye !

Nous sommes retournés en cours peu de temps après. Sur le chemin j'appelais les parents de Gustav pour leur demander si Eden pouvait rester chez eux ce soir et après quelques petites minutes de discussion ils acceptèrent. J'envoyais également un message à Gustav pour le prévenir et lui parler de la répèt'. Il me répondit qu'il m'apporterait ma guitare comme il finissait tout juste. Il avait l'air d'humeur plutôt joyeuse ce qui me rassura.

Allemand. L'une des matières que je hais le plus au monde mais dans laquelle j'excelle... Allez savoir pourquoi. Etudier des textes de grands et célèbres auteurs allemands ne m'a jamais réellement intéressé, les auteurs n'étant pas en cause mais l'absence totale d'intérêt que je trouve au fait de les étudier ainsi. Ce que j'aime par-dessus tout c'est disserter, mais plus encore inventer. L'invention. Un moment de liberté où tout est permis, où l'on met de côté tout le reste et où l'on se plonge dans un autre monde qu'est l'écriture. La plume ne s'arrête que lorsque que le nombre de pages imposées est entièrement rempli.

C'est sur cette dernière heure loin d'être passionnante que j'attendais à mon tour Eden devant sa salle d'histoire.

[...]

Nous arrivions d'un pas lent vers notre petite salle de répétition nos instruments à la main. Gustav nous avait rejoint en chemin et c'est en discutant principalement du morceau que nous travaillions tous les trois que nous avancions. Il portait ma guitare tandis que qu'Eden et moi avions nos violons, pas des moins lourds.
Un cri strident nous fit nous arrêter et nous aperçûmes Joy courir vers nous. Par précaution Eden posa son violon à terre et se prépara à l'impacte.

- Ma chériiiiiiie !
- Joy hurle pas je tiens à mes tympans !

Mais les deux cousines riaient. Elles ne s'étaient pas vues depuis de longs mois et la séparation n'avait plu à aucune d'elle. Il était loin le temps de l'enfance où l'on pouvait être ensemble à chaque instant.

- Tu m'as manqué, conclut Joy en souriant
- Toi aussi beaucoup.
- Bon vous venez on a du boulot et les autres nous attendent.
- Les autres ?, s'enquit Eden
- Bah oui le batteur, le bassiste et puis plus tard il y aura le deuxième chanteur qui nous rejoindra.
- Bien alors c'est parti, ne faisons pas attendre ces messieurs, ajoutais-je moqueur.
- Tom ?
- Oui Joy ?
- Sois gentil veux-tu ? Ils sont très bons !
- Je n'en doute pas, je n'en doute pas..

On arriva près de l'entrée où se disputaient trois garçons d'à peu près notre âge. Je reconnu Georg et en déduit qu'il s'agissait du bassiste du groupe. Visiblement le grand brun ne semblait pas en accord avec les deux autres.
Machinalement je finis de rouler la clope que j'avais commencé et l'allumais avec plaisir. Gustav grogna, c'est vrai que s'il lui arrivait de fumer, il n'aimait pas particulièrement l'odeur du tabac que je fumais. J'attrapais sa main dans un geste d'excuse tout en donnant ma cigarette à Eden qui s'apprêtait à rouler la sienne.

- Mici Tomi
- Pour la peine tu me feras un grooos câlin, dis-je avec une voix de gosse
- Pfff espèce de maitre chanteur va !
- Moi aussi je t'aime !

Joy qui était partis voir ce qui se passait avec les musiciens nous fit signes d'attendre un peu en retrait. Je m'assis sur un muret prenant Eden contre moi, récupérant ma cigarette au passage pour tirer une ou deux lattes.

- Il a l'air teigneux l'autre en face de Georg.
- C'est clair, pis vu comment il gueule il est pas content.
- Trop perspicace ma puce, riais-je suivi rapidement de Gus
- Personne ne m'aime, se plaignit-elle
- Menteuse !!!

Le cri du c½ur de trois personnes réunies à savoir Gus, Joy et moi.
Bah oui quoi ? On l'aime notre petite Eden.

- Let's go everybody ?
- C'est parti !

[...]

Nous avons joué pendant un long moment. Répétant inlassablement les mêmes morceaux, modifiants certains accords parfois. J'espérais que Dayra, le guitariste, ne m'en voudrait pas pour ces quelques retouches. Après tout je n'étais pas là pour ça.
Le deuxième chanteur n'arrivant pas elle commençait à paniquer pour les morceaux qu'il devait interpréter seul ainsi que pour leurs duos.

- Je te proposerais bien de chanter mais je t'avoue que j'ai un peu la flemme là, lui dis-je quand elle commença vraiment à s'énerver.
- T'as la flemme ! Et moi je fais quoi pendant ce temps là ! Putain Tom on n'est pas prêt et on chante samedi !
- J'y suis pour rien ne me gueule pas dessus !
- Si tu chantes à sa place j'te laisse jouer en première partie avec Eden et Gus !
- C'est du chantage qui ne prend pas avec moi. J'aime la musique et jouer sur scène mais pas comme ça...
- Tomi tu pourrais faire un effort s'il te plait. Elle ne sait pas pourquoi t'as arrêté, me chuchota Eden.
- J'ai jamais rechanter depuis ! Je suis sur que je chante faux.
- Et moi je sais que tu vas le faire déjà parce que sinon on va te faire nos petits yeux de chien battu et surtout parce que t'en meurs d'envie !
- C'est pas juste...

Je finis par me lever sous le regard insistant de mes amis pour me placer derrière le micro.

- Je ne jouerai pas samedi, j'le fais juste pour toi Joy.
- T'es génial !

Son sourire faisait plaisir à voir. J'oubliais ou plutôt mis de côté le reste pour me concentrer sur ce que je devais chanter.
Nous avons commencé par les duos : Broken de Seether et Amy Lee, Bittersweet d'Apocaliptica et Lucky de Jason Mras.
Puis vinrent les morceaux qu'il devait chanter seul : Unintended de Muse, Face Down des Red Jumpsuit Apparatus, Say Goodnight de Bullet For My Valentine, Helena de MCR.

C'est pendant la dernière chanson que le chanteur arriva. Il avait l'air tout aussi mécontent que plus tôt dans l'après midi. Je me concentrais alors sur Gustav et Eden pour ne pas m'arrêter.
Cela faisait longtemps que je n'avais plus chanté. Cela faisait parti de ce que je ne voulais plus faire. J'avais songé à arrêter complètement la musique mais j'en avais besoin. Dernière chose qui me liait encore à lui.
Pensée incohérente avec mon esprit hermétique à ce genre d'idée. Mais quelque part c'est vrai. On était lié par la musique, parce que c'était une passion commune, parce qu'il montrait l'exemple parce que c'était son rôle. Sa présence était rassurante, transmettait le courage dont j'avais besoin.
Mais ça ne sert à rien de ressasser. Ca ne le ramènera pas...

Je terminai rapidement avant de retourner vers Eden et Gus. Mon cocon. Parce que quand je suis avec eux il ne peut rien m'arriver.

- T'as bien profité ?

Une belle voix, mais une intonation de reproche.

- T'as perdu ta langue ?
- Tu pourrais être aimable ! C'est pas moi qui ai près de quarante cinq minutes de retard ! Et c'est pas moi non plus qui est voulu chanter à ta place alors va t'exciter sur quelqu'un d'autre !
- Ouh ! Elle est en colère la racaille ?
- Non elle n'aime juste pas qu'on se foute de sa gueule, ni qu'on juge au premier abord.
- Joy ! D'où il remplace Dayra lui ?
- Depuis qu'il est malade et que si tu avais allumé ton téléphone ce matin comme toute personne censée tu le saurais ! Tom l'a juste remplacé pour qu'on puisse répéter ! Parce que oui, oh que c'est étonnant, on avait répèt' aujourd'hui !
- Et t'as choisi ça pour remplacer Dayra ?
- Tom, « ça » il s'appelle Tom, s'exclama Eden
- Et donc Tom, joue de la guitare depuis des années et c'est son groupe qui jouait à notre place avant, finit Joy.
- Et qu'est-ce que ça peut me foutre puisqu'ils ont pas été capable de garder leur place !

Blessé par des paroles qui m'ont replongé dans le passé, je n'ai pas tout de suite compris que Gustav s'était levé et avait plaqué le chanteur contre le mur le maintenant par la gorge. Le but était sans aucun doute de faire peur, mais aussi de faire mal. Au moins autant que la douleur qu'il pouvait ressentir en ce moment. Priver d'air celui qui peut encore respirer normalement même si c'est une métaphore.
Je me levais et posais ma main sur le bras de mon ami.

- Laisse Gus, il n'en vaut même pas la peine.

Son étreinte se relâcha. Il était tendu, il était mal et il sorti précipitamment de la pièce soufflant un vague « je rentre ».
Eden s'approcha se collant à moi pour que je ne fasse pas de même au moment où le chanteur allait à nouveau parler.

- Tu as peut-être une gueule d'ange mais tu ne sais pas que parfois il vaut mieux fermer sa grande gueule. Il y en a à qui la vie à tout donner, nous on nous a presque tout retiré.





Lill'y

# Posté le dimanche 24 mai 2009 14:12

Modifié le mercredi 05 août 2009 05:41

oChapitre 3o

oChapitre 3o


Nous avons retrouvé Gustav devant son piano. Les mains posées sur le clavier mais ne jouant aucune note. Eden lui embrassa la joue avant qu'on se dirige tous les deux vers ma chambre. Il nous rejoindrait lorsqu'il le voudrait.
Nous commençâmes par changer les draps de mon lit double, puis avons fait notre travail pour le lendemain dans un silence religieux. Préoccupé par la fin de l'après midi j'eu beaucoup de mal à me concentrer sur ce que l'on me demandait de faire. Bâclant les exercices de mathématiques pour passer à l'allemand où on nous demandait d'inventer notre utopie. Rien de bien passionnant, mais ça eut au moins le mérite de m'occuper l'esprit suffisamment pour que je mette de côté l'incident.
Eden tout comme moi était plongée dans son travail, plus scientifique que le mien mais tout aussi prenant pour ce petit bout de femme si exigeante avec elle-même. Parfois lorsqu'elle réfléchit elle lève la tête et fixe un point comme s'il pouvait lui donner la réponse qu'elle cherche ou la formulation qui lui manque..

Trois petits coups frappés à la porte, j'allais ouvrir la porte pour tomber sur Lyne, la mère de Gustav nous demandant de descendre pour le dîner. Reposant stylo, fermant classeur et trousse nous rejoignîmes la famille Schäffer dans la salle à manger.

[...]

Gustav quitta ma chambre pour aller se coucher. Nous avions passé la soirée à discuter, à rire, à jouer un peu de musique, à profiter simplement de la présence des autres. C'était simple comme soirée, peut-être même banal mais cela nous convenait parfaitement.
Eden et moi étions allongés en travers du lit à écouter un disque qu'elle avait apporté quand une question me vint à l'esprit.

- Puce ? Je sais que tu ne voulais pas rencontrer ta nouvelle belle-mère mais il ne doit pas y avoir que ça pour que tu refuse carrément de rentrer chez toi. Après tout pour les autres tu t'enfermais dans ta chambre.
- Je préfère passer du temps avec toi plutôt que de rester coincée dans ma piaule.
- Et ?
- Et quoi ? Il voulait nous annoncer quelque chose de très important pour lui et je ne veux pas l'entendre dire qu'il va épouser une fille qui pourrait être ma grande s½ur alors qu'il ne la connaît que depuis quelques mois. Ca n'a pas de sens.
- Je vois. On se couche ?
- Oui. Tomi ?
- Hmm ?
- Comment ton père a découvert que tu étais gay ?

Je me retournais vivement vers elle surpris. Nous ne parlions jamais de ça d'ordinaire. Elle savait que je n'aimais pas.

- Pourquoi tu veux savoir ?, dis-je un peu durement.
- Excuse-moi j'aurais pas du.. Je voulais juste savoir mais oublie c'est rien, pardon Tomi, répondit-elle avant de se coucher me tournant le dos.

Eden n'abordait pas souvent les sujets « importants » du passé, elle préférait qu'on se confie à elle de manière spontanée. Elle était discrète et respectait le jardin secret des autres.
Je me couchais à ses côtés l'attirant vers moi pour l'avoir dans mes bras.

- C'est simple en fait, commençais-je, Enzo et moi étions à la maison lorsque mes parents n'y étaient pas. On avait bossé en élève sérieux que nous étions et puis à un moment il s'est mis à faire les cents pas dans ma chambre comme s'il cherchait comment tourner sa phrase. Il faisait toujours ça quand il était gêné c'était mignon.. Alors je lui ai simplement demandé ce qu'il se passait, j'avais peur que ça soit grave.

- Enzo tu me fais peur ! Qu'est-ce qui se passe ?, demandais-je inquiet.
- Je.. J'ai un truc à te dire mais j'me sens con en fait.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas comment le dire...

Je souris attendri et me levais pour lui faire face. Enzo 15 ans sortant depuis peu avec moi, 13 ans et demi. Il avait toujours peur de faire quelque chose de mal et semblait tout petit à côté de moi qui le dépassais d'une tête.
Je l'attrapais par les hanches pour l'empêcher de bouger, il allait finir par me donner le tournis.

- Dis-moi je ne vais pas te manger.. Quoi que..., ajoutais-je la voix pleine de sous-entendus.

Trop jeune ? Moi ? Ca me fait rire quand on me dit ça. Si à 13 ans on ne peut pas aimer comme disent les adultes alors qu'on a des rêves plein la tête et qu'on est encore assez innocent pour y croire, alors à quel âge on est capable d'aimer ?
J'suis amoureux. Ca fait niais dit comme ça, mais c'est la stricte vérité.

- Je...
- Tu ... ? Allez tu me stresses vraiment là...

Oui je commençais à avoir peur. Nous étions ensemble depuis mon anniversaire voilà six moi de ça. Et si moi j'étais amoureux, je savais qu'il tenait beaucoup à moins mais rien de plus. On vivait au jour le jour.

- J'suis amoureux.
- De qui ?, demandais-je un sourire niais collé aux lèvres.
- De toi idiot !

Une explosion ! Oui c'est ça une explosion, un moment de folie où des milliers de papillons ont pris leur envol en même temps dans mon estomac. Ca fait gonzesse mais je m'en fou. A cet instant je suis profondément heureux, je suis sur un petit nuage et je ne veux pour rien au monde en redescendre.
Je calais mes mains dans les poches arrières de son jeans et le rapprochais de moi pour sceller nos lèvres, l'embrassant tendrement avant de murmurer contre ses lèvres.

- Ca tombe bien j'suis amoureux aussi.

Le baiser reprit là où je l'avais stoppé, avec plus de conviction, plus de fougue. Les mains deviennent baladeuses et les miennes entreprennent de lui ôter son T-Shirt devenu gênant. Une fois jeté au sol, elles reprirent lentement leur place sur ses fesses caressant la peau de son torse. Nous nous séparâmes quelques secondes pour reprendre notre souffle, seconde qu'il mit à profit pour enlever à son tour mon T-Shirt. Passant ses bras autour de mon cou, il m'embrassa plus doucement, plus amoureusement peut-être..


- C'est à ce moment là que mon père est entré dans ma chambre, râlant que je ne répondais pas alors qu'il m'avait appelé, terminais-je. Il est devenu tout blanc, puis c'est mit à hurler, à nous injurier, à dire que c'était contre nature et qu'on n'avait pas le droit de lui faire ça. Comment moi, son fils prodige pouvait être gay ? C'était inconcevable pour lui... Je le dégoutais au point qu'il ne m'a plus adressé la parole que lorsqu'il y était contraint. Ma mère ne l'a jamais su par contre. Voilà tu sais tout...
- Pourquoi tu n'es plus avec Enzo si vous vous aimiez ?
- Aimer c'est bien, ça aide beaucoup. Et puis on sait que l'autre sera là pour nous soutenir quoi qu'il arrive. Mais Enzo a lui aussi souffert de l'accident. Il a pourtant essayé mille et une choses pour que ma vie reprenne un cours plus ou moins normal, mais je ne voulais pas. Je me suis éloigné progressivement. Le perdre lui était déjà insupportable et je ne voulais pas courir le risque de voir Enzo s'en aller aussi, trouvé mieux que moi ailleurs, alors j'ai mis un terme à notre relation. Aujourd'hui il nous arrive parfois de passer de bons moments ensemble. On se voit quand on se sent seul, quand on a besoin de réconfort, enfin... tu vois je suppose.
- Oui. Mais ça n'est pas logique. Si tu avais si peur de le perdre pourquoi le quitter ?
- Je n'ai voulu voir personne pendant des mois, lui compris. Au début il a compris mais il restait, toujours dans la maison pour le cas où... Et puis le jour où je suis descendu il était sorti avec une bande de copains m'a-t-on dit. Je me suis trouvé égoïste de le priver de sa vie sociale alors voilà. Ce n'est pas la meilleure explication, mais la seule que j'ai.
- Merci de m'avoir raconté.
- Merci d'avoir écouté.

J'embrassais son front puis nous nous endormîmes tranquillement bercé par la musique qui tournait toujours en bruit de fond.

[...]

- C'est une blague ! Aaron reprends-toi ! C'est quoi ces conneries !

Il hurlait de rage, fixant Aaron durement alors que l'on venait de déposer Enzo chez lui. Seul Zack, Aaron, lui et moi étions encore dans la voiture qui roulait à vive allure.
Mais Aaron ne se démonta pas.

- Ce n'est pas une connerie, ni un petit jeu pour te mettre en colère. C'est simplement la vérité ! Je suis en couple avec lui depuis presque deux ans maintenant, je pensais que tu comprendrais même si Tom m'avait dit de ne pas t'en parler. Je voulais être honnête avec toi.

Sa voix était posée et ne tremblait pas. Pourtant on pouvait sentir la tristesse de ne pas être compris ni accepter par son père, comme moi auparavant.

- Ne me parle pas de lui ! Il n'est rien pour moi !
- C'est aussi TON fils !

Aaron avait élevé la voix cette fois. Protecteur jusqu'au bout.

- Cette lavette n'est rien à mes yeux, pas plus que toi désormais ! Je ne veux pas de tantouses dans ma famille et encore moins en tant que fils ! Des erreurs de la nature, une aberration, mais qu'ais-je fait de mal pour mériter ça moi hein ?

Il continuait de hurler, plus pour lui-même que pour nous. Je savais déjà tout ça et ces mots ne me touchaient plus. Je ne les avais que trop entendu et sans s'y habituer on finit par ne plus y faire attention. Mais Aaron ne comprenait pas. Il était décontenancé, perdu. Son père qui avait tout du modèle à suivre ne pouvait comprendre. Il ne le voulait pas.
Le véhicule continua de prendre de la vitesse jusqu'à ce que mon père réalise qu'il fallait qu'il tourne s'il ne voulait pas finir en plus dans le décor.

Un virage prit trop vite, la rage et la colère aveuglante. Un crash.

Je repris conscience quelques minutes après essayant de savoir où je me trouvais. Ca sentait l'essence il y avait de la fumée dans l'habitacle. Je me détachais et fit de même pour Zack qui se trouvait à mes côtés regardant partout, anxieux.
Je sortis comme je pouvais de la voiture le portant loin de l'accident avant de rebrousser chemin pour sortir Aaron.

BOUM

L'explosion me propulsa à quelques mètres du véhicule. Je l'entendis hurler alors que la voiture n'était plus qu'un immense brasier.

- NOON ! ! !

Ich lass' dich nicht fallen, ich lass' dich nicht gehen, wach mit mir auf, Leben ist so schön


Je me réveillais en sursauts fixant le mur devant moi. Le c½ur battant à la chamade, j'essayais d'assimiler le fait que j'étais éveillé. Je n'avais pas crié cette fois-ci, un cri resté coincé au fond de ma gorge.
Eden dormait toujours à mes côtés, le drap recouvrant plus de la moitié de son visage. Je cherchais des yeux un repère familier dans cette chambre qui me semblait étrangère. Quelque chose de perturbant plongeait la pièce dans une atmosphère étouffante sans que je sache quoi. Il y avait pourtant bien quelque chose ou quelqu'un.
J'allumais la lumière pour tenter de déceler ce qui clochait, mais ne trouvait rien de différent à la pièce si chaleureuse qu'était ma chambre. Des dessins trainant un peu partout, plus ou moins réussit, fait de jour comme de nuit, des partitions jonchant le sol. Rien d'anormal en somme et pourtant.. Attrapant mon matériel à dessin, je m'installais plus confortablement dans mon lit pour ne pas réveiller mon amie et pouvoir la dessiner. Comme si j'avais besoin de me raccrocher à quelque chose de réel plutôt que d'écouter mon esprit divaguer.

Un coup de crayon par-ci, une courbe estompée par là, la silhouette cachée par les draps commençait à prendre forme, me donnant du fil à retordre par moment. Puis vint le moment de réaliser son visage, cacher par ses cheveux et le drap, ça la rendait encore plus attachante.

- Tu as toujours eu un don pour ça aussi

Un nouveau sursaut et la sensation d'être observé. Mais après un rapide coup d'½il dans ma chambre, je me rendis compte de l'absurdité de mon geste. A cette heure-ci personne dans la maison n'était levé et Eden dormait profondément comme à chaque fois.
Je repris donc mon dessin, m'appliquant à le rendre unique. Modeste ? Oui et non. J'aime le travail bien fait et soyons réaliste deux minutes, je suis bon dans ce que je fais du moment que j'y mets un peu de c½ur et beaucoup de temps. Cela faisait près de deux heures trente que j'étais dessus et le résultat était plutôt pas mal. Elle serait peut-être heureuse de pouvoir le ramener chez elle.

- Elle est très belle, tu as de l'or dans les doigts Tomi

Je levais la tête à nouveau, cherchant d'où pouvait bien provenir cette voix au timbre si particulier. Mais rien n'avait changé et je pouvais toujours imaginer quelqu'un se cacher sous mes dessins ou les partitions ce n'était pas possible. Il fallait vraiment que je dorme. C'était une certitude.

-Ce qui est certain c'est que tu es toujours aussi peu ouvert d'esprit mon pauvre

Oui dormir. Eteindre la lumière et fermer les yeux. Plonger à nouveau dans un sommeil profond pour les trois petites heures restantes. Comme si c'était possible mais essayons.

J'avais envie de demander qui pouvait bien me parler, j'avais envie de poser le paquet de questions qui m'occupait l'esprit depuis hier. Du pourquoi du comment j'avais pu croire qu'il était en face de moi ? De la raison qui me pousse à entendre sa voix ?
Tout ça me dépassait. Je n'ai jamais aimé me faire balader par mes émotions.

[...]

La journée touchait à sa fin. Aucun incident n'était venue la perturbée et si mon esprit avait arrêté de tourner à plein régime j'aurais presque réussi à me convaincre que tout ce qui avait eu lieu la veille et l'avant-veille n'était que le fruit de mon imagination. Presque...

Ce soir les Schäffer nous emmènent manger au restaurant. Chose assez rare, mais qui parfois est nécessaire pour sortir du petit train train quotidien. Rien d'extravagant, juste nous cinq, en famille comme ils pensent tout bas.
Les discutions vont bon train, l'ambiance est chaleureuse, les rires au rendez-vous. On reparle des exploits d'Eden hier soir à table. Elle a faillit se tuer avec la moitié de ce qu'elle a mangé, a réussit à se mettre du yaourt sur le nez et j'en passe. Ca aura eu le mérite de nous faire passer une excellente soirée, car d'ordinaire c'est tout simplement plus calme.

Après avoir fait le trajet du retour Lyne me demande de l'attendre au salon. Elle doit avoir une question à me poser à tous les coups.

- Tom c'est bien demain que tu vas voir ta mère ?
- Oui dans l'après midi après les cours pourquoi il y a un problème ?
- Du tout.. Quoi que je sais que Gustav devait t'y accompagner et... Et j'aurais besoin de lui
- Oh ! Et bien il n'aura qu'à rester pour vous aider, ce n'est pas un problème, affirmais-je avec un sourire.

Sourire un peu crispé mais qu'importe, je peux bien concevoir qu'il ait des obligations plus importantes que celle d'attendre devant une porte le moment où tout dégénèrera et où il devra me courir après.

- Tu es sur ? Je sais que tu préfères quand il est là.
- Non non c'est bon et puis je demanderais à Eden, dis-je pour lui assurer que cela ne me gênais pas.

La journée de demain promettait d'être longue, très longue...

[...]

- Tomi ! Tomi fait un effort et vient m'aider !
- J'ai pas envie, se plaignit le plus jeune
- Mais je m'en moque ça, vient ! Sinon les parents vont finir par être au courant pour la surprise !

Cette remarque eu le mérite de faire se lever le petit blondinet assis sur une chaise longue. Dans deux jours, c'était l'anniversaire de mariage des parents. Ils savaient tous deux que leur père oubliait fréquemment cette date, sans que cela soit réellement volontaire. Alors cette année ils avaient décidé de donner un petit coup de pouce à leur papa, pour lui éviter de nouveaux reproches, ils n'aimaient pas lorsqu'il se disputait avec leur mère adorée.

Finissant à deux de vernir la grande table qui trônait au garage, le plus grand laissa une petite ouverture suffisante pour aérer la pièce tout en maintenant la sécurité de la maison. Il n'était pas question de se faire cambrioler, cela gâcherait tout.

En fait ils avaient prévu de remplacer celle de la salle qui commençait à vieillir pour celle-ci, si belle que leur mère n'avait jamais voulu jeter, mais elle n'avait jamais trouvé le temps pour la restaurer. Ses deux garçons s'en chargeaient pour elle. Cela lui ferait sans doute plaisir et puis ils pourraient toujours affirmer que c'était papa qui l'avait fait.

*
*
*

- C'est bizarre que tu rêves encore de ce jour là... Tu t'étais tellement fait disputer par papa avant que je ne lui explique...


Cette voix encore et toujours dans la tête. Mais ça passerait...

[...]

J'attendais à l'accueil qu'on veuille bien me donner le numéro de la chambre dans laquelle ma mère avait été transférée, une chambre pour elle seule.

- Numéro 115
- Je vous remercie.

Je partis donc en direction du couloir de gauche et cherchais machinalement le numéro de la chambre sur la porte. Je n'avais pas parlé à Eden de cette visite, mais Lyne était rassurée. C'était moi maintenant qui m'inquiétait. Ma mère avait parfois des réactions assez spontanées et surtout imprévisible. Ce n'était pas évident de voir comment une personne brillante évolue après un choc émotionnel.
Je pris mon courage à deux mains, me répétant que cette fois-ci se serait différent, et entrais dans la pièce après avoir frappé trois coups.

- Bonjour maman, dis-je doucement

Elle tourna sa tête vers moi. L'air perdu quelques secondes puis comme une petite étincelle dans le regard. Elle m'avait reconnu.

- Bonjour mon fils.

Je me penchais vers elle pour embrasser son front, savourant l'instant. Elle était souriante, calme. Elle semblait elle-même, comme avant, comme si rien n'avait changé.

- Comment vas-tu Tom ? Cela fait longtemps que je ne t'ai pas vu.
- Je vais bien maman ne t'inquiète pas, tout va bien.
- Tu continues la musique cette année ?

A partir de là nous avons beaucoup parlé. De moi essentiellement, de mes projets, de mon avenir. Elle me sermonna même gentiment parce que je ne viens pas assez souvent lui tenir compagnie. C'est tellement vrai, mais mieux vaut ne pas penser au pourquoi.

Ca fait tellement de bien de retrouver un repère, quelqu'un dont on a tant besoin, parce que quoi qu'on dise, une maman sera toujours la personne qui vous soutiendra le plus, qui vous épaulera, parce que ma maman est comme ça, enfin était...
Le temps passe, elle est parfois absente puis reprend la conversation. Je ne m'en formalise plus à force.

- Tom regarde ce qu'elle est devenue à cause de moi !

Pitié ça n'allait pas recommencer ! Pas maintenant ! Pas ici ! Pas cette voix !

- J'suis désolé maman, désolé...

- Tom ? Tu as entendu ?
- Entendu quoi ?
- Il dit qu'il est désolé, tellement désolé... Je...

Une nouvelle fois elle a une absence.

- Tom ? Où est Aaron ?
- Maman, je ...
- Je suis là maman, tout près de toi, pardonne-moi
- Je l'entends !
- Maman !

Mais elle ne me voit plus, ou ne semble plus me voir. Son regard se voile tandis qu'elle fixe le mur. Elle est bouleversée par ce qu'elle pense y voir, j'imagine parfaitement qui c'est. Puis son regard se tourne doucement vers moi et tout dérape.

- NON ! NON NE M'APPROCHE PAS !

Elle hurle de plus en plus fort, cherchant à m'échapper alors que je n'ai pas bouger du lit.

- ENFER...ENFER... AAAHHH DISPARAIS, TU ES MORT ! TU DOIS ETRE MORT !, vocifère-t-elle en me poussant violemment du lit dont je tombe.

Abasourdis je ne sais que faire. Sans doute alertés par ses hurlements un médecin et deux infirmiers entrent dans la chambre, l'un me fait sortir puis retourne s'occuper d'elle.

[...]

Je suis assis contre le mur face à la chambre. Le personnel est sortit depuis longtemps mais je n'ose pas y retourner malgré que l'on m'ait assuré qu'elle dormait.
Des pas dans le couloir rompent le silence et deux voix se font entendre. L'une m'est familière.

- Mon père a encore du calmer la cinglée de la 115. Elle hurlait « il revient de l'enfer » ou un truc du genre. J'espère qu'elle a pas de gosse, ils doivent être aussi taré qu'elle sinon...

L'autre se contenta de rire.






Lill'y

# Posté le lundi 08 juin 2009 15:28

Modifié le mercredi 05 août 2009 05:41